Last updated on 30/11/2024
Last updated on mars 24, 2020
Fleur de Bitume. Une illustratrice malagasy en pleine ascension. Ayant commencé à se professionnaliser en 2018, les « dessins digitaux » de cette jeune femme se distingue par leur thématique, principalement portée sur les femmes et la promotion de celle-ci.
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Ambitieuse et passionnée, Fleur de Bitume nous a accordé une séance d’interview pour passer un beau message à toutes les femmes Malagasy qui rêvent d’entreprendre ou tout simplement d’atteindre leurs objectifs : « Ce que tu rêves d’entreprendre, tu peux toujours le réussir ! »
Fleur de Bitume, inspirée par la femme, inspire la femme
Lalamanjato Faniry ou « Fleur de Bitume », de son nom d’artiste. Passionnée de dessin depuis toute petite, cette illustratrice a décidé de vivre de sa passion. Elle a commencé à entrer dans le monde professionnel du dessin en 2016.
« Je fais des gribouillages depuis que je suis toute petite. Mais j’ai un peu arrêté au lycée et à l’université. J’ai complètement arrêté une fois que j’ai commencé à travailler. C’est en 2016 que j’ai repris, alors que je travaillais déjà. On ne sait pas d’où l’amour du dessin est revenu, mais il est revenu ! », raconte Fleur de Bitume avec le sourire.
De là, Fleur de Bitume a été influencée par ses amis dessinateurs. Elle achète sa première tablette graphique en 2016 et commence à se professionnaliser en 2018.
Les dessins de l’artiste sont principalement axés sur la femme. En effet, Fleur de Bitume est elle-même inspirée par la femme Malagasy, centre de l’attention de la société au quotidien, et souvent sujette aux pressions, aux stéréotypes, aux jugements. Face à cela, Fleur de Bitume veut passer un message d’amour, de force, d’encouragement, à toutes les femmes et filles Malagasy.
L’artiste est également devenue un modèle d’inspiration pour plusieurs femmes et filles malagasy qui suivent activement sa page Facebook, commentent, partagent, et lui envoient même parfois des petits mots d’encouragement, de remerciement, des suggestions, etc…
Parmi ses dessins les plus appréciés, un portant sur les pressions subies par les filles vivant dans une société patriarcale et un autre portant sur la polémique du #MaJupeMonDroit en avril 2019.
Découvrez le Portrait-Interview de Fleur de Bitume sur notre chaîne Youtube:
Les femmes Malagasy doivent oser
Pour Fleur de Bitume, ce métier n’est pas juste une passion ou un gagne-pain. C’est un véritable engagement.
C’est ainsi qu’elle passe un beau message à toutes les femmes Malagasy qui rêvent d’entreprendre ou de réussir une chose qui leur tient à cœur. En effet, compte tenu du contexte culturel qui met l‘accent sur la femme, mère, modèle de l’enfant, de la famille, de la société, du pays, mais aussi étant donné que le domaine de l’entrepreneuriat est encore peu connu à Madagascar, peu de femmes Malagasy osent rêver et se lancer dans la réalisation de leurs rêves.
« On nous a toujours enseigné que nous, femmes, devons dépendre de notre entourage. Je ne veux pas dire du mari, mais vraiment de l’entourage. Cela est faux. Nous avons une grande force que les hommes n’ont pas. Si vous souhaitez entreprendre, je n’ai qu’une chose à dire : osez ! Si vous le voulez, vous pouvez tout rêver, et tout réaliser », a lancé Fleur de Bitume.
Dessin digital
Fleur de Bitume fait partie de ces artistes qui font des « dessins digitaux ». Cela requière une certaine technicité ainsi que du matériel.
« Il faut utiliser une tablette graphique. Celle-ci fonctionne comme une ardoise. Vous dessinez dessus, et la tablette est directement reliée par câble à l’écran. Le dessin y apparait donc directement. Pour réaliser les dessins, il suffit d’utiliser les raccourcis habituels : Ctrl+Z, Ctrl+S, etc », explique l’illustratrice.
Cela prend un jour à une semaine pour réaliser un dessin, selon les besoins et l’inspiration.
En ce qui concerne le marché du dessin à Madagascar, celui-ci est en pleine expansion. Selon Fleur de Bitume, le souci se situe au niveau des offres, qui demeurent encore très peu à Madagascar. D’autre part, Madagascar étant un pays à bas coût, les tarifs, même pour des clients à l’international, ne correspondent pas à la valeur réelle du produit artistique. Cela est déplorable car les artistes talentueux sont nombreux dans la Grande île.